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Ouvrage en 3 tomes: « Révolution tunisienne et défis sécuritaires »

Couverture coffret AR FR

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Dans le contexte du soulèvement populaire qui a conduit à la chute de la dictature en Tunisie et à l’engagement, à partir du 14 janvier 2011, d’une transition en étapes vers un régime démocratique, la réflexion initiée par le Labo démocratique, autour de la délicate question des relations entre citoyens et services de sécurité, a été couronnée par l’élaboration d’un ouvrage collectif intitulé Révolution tunisienne et défis sécuritaires, dirigé par Farah Hached et Wahid Ferchichi, avec la collaboration de Hana Ben Abda, Khansa Ben Tarjem et Khaled Mejri.

Révolution tunisienne et défis sécuritaires se présente sous la forme d’un coffret en trois volumes, coédité par le Labo’ Démocratique, l’Institut de Recherche sur le Maghreb Contemporain (IRMC) et les éditions Mohamed Ali. Il est l’aboutissement d’un projet de deux ans, soutenu par le gouvernement fédéral suisse, le PNUD et l’UNESCO, incluant recherches et organisation de consultations avec les administrations publiques (dont les ministères de l’Intérieur et de la Justice), la société civile et des universitaires.

Les auteurs traitent de thèmes aussi bien sensibles que décisifs dans le contexte particulier de la construction démocratique :

Tome I – Les archives de la dictature, entre justice transitionnelle et sécurité

Tome II – Protection de la vie privée et transparence dans le secteur de la sécurité

Tome III – Les services de renseignements tunisiens : quel contrôle ?

Chaque tome contient un état des lieux du contexte tunisien, une étude comparative de près d’une cinquantaine de cas étrangers et des propositions concrètes à travers des axes de réformes. Chaque axe de réformes est argumenté et présente les commentaires qui ont été faits par la société civile, les universitaires et les administrations publiques lors des consultations.

– L’objectif du premier tome est le traitement des archives de la police politique tunisienne, celles-ci étant révélatrices du niveau de coercition qu’une dictature peut pratiquer et des mécanismes intimes de la violence d’Etat. Dans un contexte de transition démocratique et de justice transitionnelle, l’une des conditions essentielles pour assurer ce « droit de savoir » à la société tunisienne, est le traitement de cette part non négligeable du legs. Cette réflexion, après un état des lieux aussi bien du contexte tunisien que des expériences étrangères, propose des lectures et des outils pour la mise en place d’un cadre adapté au contexte tunisien.

– Avant le 14 janvier 2011, la Tunisie connaissait un dispositif sécuritaire centralisé, soumis au contrôle omnipotent du ministère de l’Intérieur et du président de la République et alimenté par la notion du secret d’Etat. Dans un contexte de transition démocratique, le deuxième tome esquisse quelques réponses aux questions qui se posent à la Tunisie d’aujourd’hui : Quelle protection de la vie privée des individus et quelles garanties assurer au traitement des données à caractère personnel ? Quelles limites imposer au droit d’accès à l’information, au motif de la préservation de la sécurité de l’Etat ? Comment prendre en considération les contraintes sécuritaires face à la sophistication, qui semble sans limites, des nouvelles technologies ?

– Le troisième tome relate l’histoire politique et juridique des services de renseignements tunisiens et leur instrumentalisation dans le cadre de la politique de surveillance et de répression exercée sur la société tunisienne par les régimes liberticides successifs. Malgré les quelques réussites de la transition politique, les menaces sécuritaires qui subsistent quatre ans après le 14 janvier 2011, avec leur lot d’incertitudes, réactivent régulièrement les appréhensions du retour du régime policier et de l’arbitraire qui y est lié. A ce titre, ce troisième tome propose des axes de réformes pour un contrôle démocratique des services de renseignements, qui peut offrir au processus de démocratisation de meilleures garanties, ainsi que davantage de sécurité aux citoyens et aux services de renseignements eux-mêmes, en clarifiant les compétences et les chaînes de responsabilités et en trouvant un équilibre entre droits humains et contraintes sécuritaires.

Prêts pour la démocratie: Portrait de Farah Hached par Sarah Mersch

Ecoutez l’émission sur SWR2

Traduction de la présentation faite en allemand sur le site web de SWR2: « Avec son ONG « Le Labo Démocratique », « laboratoire de la démocratie », l’avocate Farah Hached contribue à ouvrir la voie à la démocratie en Tunisie . L’engagement politique et social fonctionne dans la famille . Son grand-père Farhat Hached a été le premier secrétaire général de la centrale syndicale tunisienne et a été assassiné en 1952 par les services secrets français . L’autre grand-père , Mahmoud El Materi , a fondé avec l’ancien président Habib Bourguiba , le parti Néo-Destour qui a lutté pour l’ indépendance de la Tunisie contre la France . Farah Hached essaye de faire avancer le rêve de son grand-père d’un Etat démocratique libre plus de 60 ans plus tard . »