Internet comme instrument de stratégie politique dans la Tunisie post-révolution

Par Farah Hached (A paraître aux Presses Universitaires du Septentrion)

 

Extrait de l’ntroduction

La Tunisie de la révolution doit faire face à un double défi : celui de la transition démocratique et celui de la nouvelle transition numérique. Les générations qui aujourd’hui peuvent prétendre diriger le pays tirent leur apprentissage de la démocratie (théorique ou pratique) d’un cadre traditionnel. Aujourd’hui, ils doivent relever le défi de la transition démocratique avec la nouvelle donne Internet de Facebook et Anonymous, à laquelle mêmes les vieilles démocraties ne se sont pas encore totalement habituées.

Il semble donc particulièrement opportun d’analyser le rôle de l’Internet comme instrument de stratégie politique dans la période postrévolutionnaire en Tunisie.

Le terme « Internet » recouvre principalement les médias sociaux (blogs, journaux électroniques collaboratifs comme par exemple Nawaat, et surtout Facebook et Youtube), mais également les journaux électroniques traditionnels, les emails et Google groupes.

Deux aspects particuliers de l’Internet ont eu un impact particulier en Tunisie :
– Les pages Facebook grand public (notamment pages football) qui avaient atteint des centaines de millier de fans et qui ont été vendues ou louées au plus offrant au début de la transition. Elles sont devenues un support de communication pour certains mouvements politiques.
– Les commentaires des Internautes : certains d’entre eux postent des commentaires réguliers, ressemblant à de véritables chroniques.

Est-ce que l’Internet peut être un instrument de stratégie politique ? Une stratégie politique consiste à utiliser des capacités ou ressources, en l’occurrence Internet, dans le cadre d’une démarche et pour la réalisation d’un but politique. Ce but peut être la prise de pouvoir, soit par l’intermédiaire de mécanismes démocratiques (gagner des élections et la stratégie politique est alors une stratégie de campagne électorale), soit par la force (il s’agit alors de faciliter la prise de pouvoir en instaurant un contexte de peur). Ce but peut également consister en la défense d’intérêts, de valeurs ou de modèles de société.

Partant de cette approche, l’Internet peut-être un instrument de stratégie politique pour différents acteurs…

Plan :

Première partie – L’internet comme instrument offensif et de répression politique
A- Cyberpolice politique, hackers et attaques anonymes
B- Attaques assumées : poursuites pénales d’adversaires politiques

Deuxième partie – L’Internet comme instrument de ralliement des masses et de dénonciation politique
A- Viralité et liens entre groupes sociaux traditionnellement séparés
B- Limites du mécanisme de viralité

Troisième partie – L’Internet comme instrument de manipulation et de propagande
A- Propagandes et intox
B- Théories du complot

Conclusion : l’Internet peut-il devenir un instrument de bonne gouvernance dans le cadre d’une stratégie de transparence politique ?

Publicités