Qu’est-ce que la réconciliation?

Qu’est-ce que la réconciliation? Mandela, rabbi yarhmou, parlait de réconciliation car il y avait en Afrique du Sud une division ethnique. Le contexte tunisien est différent. Le peuple n’a jamais été divisé au temps de Ben Ali. Le peuple était victime de la dictature d’un homme et de ses relais. Cette dictature s’est perpétuée car le peuple était sous le joug de la peur. Nous étions figés par la peur.

Il s’agit aujourd’hui de ne pas laisser un système se perpétuer, un système de dictature, que ce soit pas les anciens ou les nouveaux, par les laïcs ou les islamistes, par les capitalistes ou les communistes. La question n’est pas idéologique, elle est relative à un système, des procédés et une mentalité.

Le terme réconciliation est une importation des instances internationales et n’a pas vraiment de sens pour la Tunisie.

En Tunisie, il y a:
1- ceux qui ont commis des crimes et des délits
2- ceux qui ont politiquement ou économiquement soutenu la dictature.

1- Ceux qui ont commis des crimes ou des délits doivent être punis. Pourquoi le petit délinquant qui vole des produits dans un marché doit subir des peines pénales et celui qui a torturé des personnes, avec les méthodes les plus brutales doit-il être pardonné?

La torture ne peut être acceptable et ne peut être justifiée sous aucun prétexte. Ceux qui l’ont fait subir à leur prochain (même s’il était un criminel) doivent être jugés et punis. Les victimes ont le droit à la vérité et à la justice.

2- Par ailleurs, le peuple a le droit de savoir pour qui il va voter. Aujourd’hui, avec l’Internet et les médias sociaux, nous sommes noyés sous des informations contradictoires. On ne sait plus qui est qui.

La démocratie est basée sur l’idée que nous sommes des être adultes et responsables. Qu’on ne nous dise surtout pas que nous ne sommes pas assez matures pour choisir nos gouvernants! C’était la position de la dictature.

Nous sommes assez matures. Cependant, nous devons avoir l’information complète.

Avoir été lié politiquement ou économiquement à l’ancien régime n’est pas nécessairement un crime. Si crime il y a, la justice devra suivre son cours. Mais, même s’il n’y a pas crime, les citoyens ont le droit de savoir pour qui ils vont voter et ils prendront alors leur responsabilité.

Mais, pour éviter toute instrumentalisation politique, ces deux démarches doivent être encadrées par des lois et appliquées par des instances neutres et indépendantes. Ces démarches ne doivent pas être un prétexte pour perpétuer le système de dictature en accusant les ennemis politiques. Un simple soupçon de manque de neutralité décrédibiliserait ces démarches.

Aujourd’hui, le Livre Noir a le mérite de remettre sous le projecteur la question des archives et de la justice transitionnelle. Le Livre Noir restera un détail de l’Histoire de la Tunisie. La faillite de la justice transitionnelle et l’absence de volonté politique concernant un traitement neutre des archives aura par contre des conséquences graves sur le destin de la Tunisie.

La réconciliation est nécessaire mais il ne s’agit pas d’une réconciliation entre deux parties d’un même peuple. Le peuple est uni lorsqu’il s’agit de dictature.

La Tunisie doit se réconcilier avec elle-même.

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